La mission de la Société est de continuer la
mission de Jésus, celle de proclamer le royaume de Dieu. Elle
s’efforce de le faire à la manière de Marie, en apportant "une
conscience différente à l’Église." Il s’agit d’une approche
particulièrement profonde, riche et distinctive.
«Nous
avons pour mission d'apporter dans l'Église une mentalité autre, une
mentalité mariale. Nous y parviendrons en partie par notre
manière d'entrer en contact avec l'autre, où que nous travaillions.
Conscients que l'homme et la femme modernes répugnent à tout ce qui
ressemble au faux ou à la manipulation, nous approchons chacun avec
beaucoup de sincérité, d'intégrité, de pureté d'intention.
Nous respectons leur désir de liberté et d'égalité et rejetons toute
forme d'élitisme, de triomphalisme ou de paternalisme. A
l'exemple de Marie, nous nous efforçons de percevoir l'action du
Seigneur dans las vie de l'autre, nous savons reconnaître son oeuvre,
la chanter, la favoriser.»
Jago, John, Regina Societatis Mariae, 8 décembre, 1989, p.21
BULLETIN
MISSION MARISTE
29
février
2008
No 5
“ Le ministère du
service fraternel en communauté est un apostolat de première
importance. La communauté mariste est un lieu de partage. La vie
commune tire sa croissance de l’étude des Ecritures et de la
participation au mystère de l’eucharistie. Par sa vie fraternelle,
la communauté mariste est un lieu de renouveau et de conversion
permanente. Elle fournit ainsi un signe de ce que l’Eglise est
appelée à être dans le monde..”Constitutions n° 127.
Bulletin Mission
Mariste Ce bulletin a été créé pour une mise en commun des idées,
un partage des ressources, la communication dans le domaine de notre
Mission Mariste. Un grand merci pour toutes les nouvelles que vous
nous communiquez. Ce numéro s’intéresse à la 2ème ligne
politique, ministères sociaux, du 3ème cercle intitulé
Mission de la lettre circulaire du père Jan Hulshof : Avec
une confiance plus vive.
Nouvelles
En décembre 2007, les
quatre supérieurs généraux maristes nous ont envoyé une lettre
conjointe intitulée : Vie et Mission maristes, dons de
l’Esprit pour notre temps. C’est une invitation à réfléchir
à notre mission commune :“ Au moment où nous, membres
des quatre branches maristes, nous préparons nos Chapitres, il est
bon de favoriser un sincère esprit de collaboration réciproque qui
nourrit la vie permanent e et la mission de toute la famille mariste.
Nous encourageons les membres de chacune de nos congrégations à
entrer dans une réflexion sérieuse avec les autres membres de la
famille mariste et à lire ensemble les signes des temps.
Pouvons-nous écouter les cris de notre monde et répondre ensemble
avec un esprit ouvert et une générosité d’esprit ?
Tandis que nous
travaillons unis pour construire un autre siècle de vie et de
mission mariste, nous sommes en train de créer de fort liens avec
les personnes laïques qui, inspirées par le charisme mariste,
brûlent du désir de partager notre spiritualité commune et notre
mission. Avec eux, nous luttons pour donner naissance à l’Eglise
mariale. Et nous demandons au Seigneur de nous accorder la même
générosité de cœur qu’il a donnée à Jean Claude Colin, à Jeanne
Marie Chavoin, à Marcellin Champagnat et à Françoise Perroton et aux
autres pionnières..” Si vous n’avez pas lu ou reçu cette lettre,
contactez : www.maristsinternational.org
Nouveau noviciat international en langue anglaise :
L’administration générale a annoncé l’organisation d’un nouveau
noviciat international de langue anglaise. Il ouvrira ses portes le
1er avril 2009 à Davao, aux Philippines. Cette décision
aura des conséquences au niveau de la mission et ne sera pas
simplement la réponse adéquate au défi de novices du Premier Monde
vivant dans une région développée.
Dix évêques d’Océanie (y compris Mgr Adrain Smith et Mgr
Michel Calvet) se sont retrouvés à Rome, au Vatican, du 11 au 17
février pour une session, suite du Synode de l’Océanie de 1998. Dans
le contexte de leur visite, ils voulaient approfondir certains
aperçus du substantiel document qu’était ‘Eglise en Océanie’
et sa partie importante sur la mission. Le Pape Jean Paul II disait
: « Le synode n’a plus aucun doute sur le fait que l’Eglise, la
communion des croyants est à présent une réalité vivante parmi de
nombreux peuples de l’Océanie ». Le document soulignait que les
églises d’Océanie avaient atteint l’âge de la maturité. « Les
églises locales, fondées par les missionnaires en sont au point
d’envoyer des missionnaires et cela est un signe indiscutable de
maturité ».
Le Père John Hannan, premier provincial d’Europe: Une de ses
plus importantes responsabilités sera de recentrer l’attention et
les activités de ses confrères européens sur les défis missionnaires
majeurs de l’Europe d’aujourd’hui. Des orientations importantes pour
la nouvelle province se trouvent déjà dans la ‘Déclaration pour la
Mission Mariste en Europe’ avec ses trois annexes : situation
actuelle en Europe, notre réponse mariste, suggestions pratiques.
Le Centre de réfugiés Notre Dame de notre paroisse Notre Dame
de France à Londres (Angleterre) nous a fait parvenir le point, à ce
jour, de leurs activités. Le centre reçoit environ 65 personnes par
jour d’ouverture avec une moyenne de six nouveaux réfugiés. Ce sont
surtout des réfugiés originaires de l’Afrique sub-saharienne et dont
le français est la 1ère ou 2ème langue parlée.
Le Centre leur donne, avec des professionnels, des conseils mis à
jour et adaptés à chacun dans les domaines de la santé, de l’aide
sociale, du logement et il s’efforce de fournir à tous ceux qui
viennent un accueil et un environnement chaleureux.
Les deux provinces des USA continuent, au cours de leurs
rencontres, de discuter de leur prochaine fusion, ce qui devrait
arriver en juillet prochain. Comme en Europe, la reconfiguration
doit les aider à mettre davantage l’accent sur la vie et la mission
mariste.
Paroisse St. Patrick à, Sydney. Elle a mis à jour son site
web :
www.stpatschurchhill.org. Dans la tradition des lieux de
pèlerinage de la Société de Marie, la paroisse offre de multiples
occasions de vivre les sacrements de l’Eucharistie et de la
Réconciliation (10 heures le dimanche et 8 heures les jours de
semaine). L’équipe pastorale présente aussi un très bon programme
d’accueil pour jeunes adultes, une population souvent oublié dans
nos paroisses.
Documentation
1. La Croix a publié un très intéressant dossier sur
l’avenir du Christianisme dans le monde de l’Ouest.: ‘Quel avenir
pour le christianisme?’ (Bayard Presse 2008) 114 pages, et dont
l’éditorial porte le titre: ‘l’Evangile a de l’avenir.'
2. Mirada Global (Jésuites d’Amérique Latine) : Articles
en anglais et en espagnol sur l’Eglise et sur les évènements en
Amérique Latin.. www.miradaglobal.com
3.Qu’est H20news? : Un nouveau service catholique (basé à
Rome) de nouvelles pour le monde entier. Chaque jour, en 8 langues,
il donne des nouvelles en format audio/vidéo/texte sur la vie de
l’Eglise: .
www.h2onews.org
4. Message du Pape pour la Journée Mondiale de la Paix :
(www.vatican.com)(message en 9 langues). Cette année marque le 40ème
anniversaire de la célébration de la première Journée Mondiale de la
Paix 1968. Le pape Benoît XVI écrit : « Fruit d’une intuition
providentielle du Pape Paul VI, poursuivie avec une grande
conviction par mon vénéré prédécesseur le Pape Jean Paul II, la
célébration de cette Journée a permis à l’Eglise, au fil des années,
de développer, à travers les Messages publiés à cette occasion, une
doctrine lumineuse en faveur de ce bien humain fondamental. A la
lumière de ces célébrations significatives, j’invite tous les hommes
et toutes les femmes à prendre une conscience plus Claire de leur
appartenance commune à l’unique famille humaine et à s’employer pour
que la convivialité sur la terre soit toujours davantage le reflet
de cette conviction, dont dépend l’instauration d’une paix véritable
et durable J’invite aussi les croyants à implorer Dieu
inlassablement pour qu’il accorde le grand don de la paix ».
5. Climate Change: The Challenge to All of Us
(Le changement climatique: un défi pour tous) par Sean McDonagh
(Dublin: Colomba Press, 2006) 200 pages, prix €12. Un beau livre de
référence sur le sujet. Le dernier chapitre traite des réponses
actuelles des Eglises sur ce sujet.
AVEC UNE CONFIANCE PLUS
VIVE :
5.5.2EDUCATION ET
MINISTERES SOCIAUX
“Redoubler
d’effort sur le terrain de l’éducation et des ministères sociaux”
Nous avons eu grand
plaisir à interviewer (voir plus bas) le père Damien Diouf sm, le
nouveau supérieur du District d’Afrique. Il est le premier ordonné
sénégalais dans la Société de Marie, et le premier Supérieur Majeur
africain.
En octobre 2007, à
leur demande, j’ai eu la joie de prêcher la retraite annuelle de nos
maristes des Philippines. Après quoi, je suis allé, avec le
P. Aliki Langi (de Tonga) de Davao à Cotabato city,le centre du
gouvernement pour les musulmans dans la grande île du sud, Mindanao.
Nous avons ensuite continué vers la station de mission dans les
montagnes de Timanaan, où le père est le curé des populations
indigènes catholiques (et aussi musulmanes d’une certaine façon).
Mgr Orlando Quevedo omi (secrétaire de la Fédération des
conférences épiscopales d’Asie) aime beaucoup les Maristes. Lors de
la cérémonie de leur installation comme responsable d’une paroisse
Oblate, il disait que les Maristes étaient proches des gens.
C’est un défi d’y être fidèle ! C’est là que j’ai vu de près les
différents programmes que les PP Aliki et Fernando Ingente (Philippin)
avec les responsables laïcs mettent en place parmi les peuplades
indigènes et les musulmans. Le diocèse gère ces programmes et les
Maristes les exécutent. Ils donnent un buffle à un groupe de
familles et lorsqu’il a un petit, les familles doivent le donner à
un village voisin, et ainsi de suite (On leur donne aussi des
chèvres et des cochons et on leur demande de faire pareil). L’évêque
n’intervient que lorsqu’au lieu de donner le petit buffle à un
village voisin, les gens le mangent ! Les PP Aliki et Fernando avec
leurs laïcs, donnent ainsi beaucoup d’espoir à quelques uns des plus
pauvres dans le monde et ils le font avec beaucoup d’amour.
En novembre 2007, toute l’administration générale a participé à des
rencontres internationales à Sydney en Australie
(Sydney avec son port est une des plus belles villes au monde). Cela
m’a donné l’occasion de découvrir quelques uns des ministères,
difficiles mais stimulants, des maristes en Australie. Une équipe de
trois maristes vivent et travaillent avec les peuples aborigènes :
les pères Bernie Ryan et Paul Sullivan ainsi que le frère Micka
Cilicewa. J’ai aussi passé une matinée entière avec Jim Carty qui
travaille dans une Maison d’Accueil pour aider les familles
de nouveaux émigrants à trouver en Australie, demeure et travail.
Nous avons aussi eu une concélébration dans un centre de détention,
avec une cinquantaine de prisonniers, en majorité de jeunes chinois.
Mon voyage m’a aussi conduit en Nouvelle Zélande où j’ai eu
la possibilité de découvrir certains des ministères pleins de défis
de notre province de Nouvelle Zélande, en particulier auprès des
Maoris (peuple indigène) et auprès de la jeunesse.
Interview:
Damien Diouf sm
1. Dites-nous l’arrière plan de votre nouvelle responsabilité
comme supérieur majeur. Qu’est-ce qui en ressort
?
Depuis plus d’un an, maintenant, je
suis supérieur du District d’Afrique des Pères Maristes. Je vis au
Cameroun où sont situées la majeure partie de nos communautés. Nous
sommes actuellement peu nombreux sur le continent africain mais
notre mission est stimulante. Mon ministère est un ministère de
rencontres et d’écoute, de visites, d’information et de partage des
nouvelles avec les confrères, les communautés et les laïcs qui sont
nos partenaires dans la vie de l’Eglise où nous vivons. Le grand
défi dans tout cela est, dans les différents lieux, partager sur la
vie mariste et les ministères, donner des orientations qui
prépareront des décisions pour l’avenir.
2. Qu’aimez-vous bien dans votre
district ?
Je suis très heureux de l’esprit de
bonne volonté que je trouve chez mes confrères et les laïcs ainsi
que de l’aide qu’ils m’apportent dans mon travail. Je me dois de les
encourager tous à poursuivre l’œuvre que nous ont laissé nos
prédécesseurs maristes. L’Eglise, en Afrique, doit relever le défi
de la mission de réconciliation et de développement dans un contexte
de violence et de pauvreté. J’aime bien la joyeuse atmosphère qui
règne dans nos communautés en dépit des risques et des obstacles
sérieux rencontrés sur le terrain ; j’aime l’ouverture d’esprit de
mes confrères et leur disponibilité dans la collaboration. Je suis
aussi très heureux des plans importants que nous avons dans les
domaines de l’éducation et des vocations.
3. Quels sont vos espoirs pour le
district ?
Mon espérance pour le district est
basée sur la qualité de vie et des relations dans nos communautés
‘source de communion et de fraternité’. Nous avons eu, dans le
district, une crise sérieuse au niveau de la formation et de la vie
communautaire. Après réflexion, nos supérieurs nous ont demandé de
ne plus accepter de candidats et de travailler un certain nombre de
questions avant d’en recevoir de nouveaux. Cela a eu un impact
important pour notre avenir. Je me réjouis des efforts importants
qui ont été faits et du chemin parcouru qui nous permettent de
réfléchir à l’accueil de jeunes qui souhaiteraient partager notre
vie mariste. En même temps, nous poussons nos communautés à avoir
une bonne qualité de vie mariste à partager avec de nouveaux membres
intéressés par notre charisme et notre mission. L’Eglise grandit en
Afrique et j’espère qu’il en sera de même pour la Société de Marie,
non seulement en nombre mais aussi en qualité et en fidélité à Dieu.
4. Dans le district, quels sont les plus grands défis que vous
rencontrez comme supérieur majeur ?
Notre jeune âge et notre petit nombre
en est un. C’est une source de dynamisme et de force, de bonne
volonté et d’engagement profond mais il y a aussi le manque
d’expérience. La vie consacrée est comme une vie de famille, une vie
universitaire, spirituelle ou biologique. Chacun donne et reçoit, il
y a les conseils et les exemples des confrères plus âgés, il y a les
interactions entre générations et entre membres de même génération.
Ainsi chacun garde contact avec la vie et le témoignage se transmet
et se partage par delà le temps. En regard de cela, trouver les
formateurs qu’il faut et des candidats prêts, désireux et capables
de s’ajuster à la réalité de la diversité de la vie mariste
aujourd’hui pour un avenir de la Société en Afrique est mon
principal challenge. Par-dessus tout, le climat de violence, la
pauvreté et l’illettrisme sont de vrais défis pour nous maristes. Il
y a peu, les statistiques indiquaient que 31% des enfants africains
allaient à l’école, et ici nous sommes les fils de Colin et de
Champagnat. C’est un appel très fort pour moi et mes confrères.
Avez-vous l’expérience d’un soutien de la part du laïcat ? Où et
comment ?
Oui vraiment, je l’ai. En particulier
dans les domaines de l’éducation, du management ou d’autres champs
d’activités de la mission mariste, des laïcs compétents, d’Afrique
ou d’ailleurs, nous aident. Je suis aussi conscient du fait que nos
fondateurs rêvaient d’une Société comprenant des chrétiens de toutes
conditions. Si nous n’aidions pas à permettre le développement d’un
laïcat mariste, nous serions, me semble-t-il, infidèles à leurs
intuitions. Nous devons proposer notre foi et notre vocation mariste,
l’esprit de Marie, à tous ceux avec qui nous vivons et travaillons.
Je sais que ce soutien des laïcs a une certaine saveur au Sénégal où
nous travaillons avec des musulmans qui ont vécu et travaillé avec
les maristes ces dernières années et qui demandent à travailler dans
la ligne de notre tradition spirituelle. Je me souviens que les
grands tableaux de la chapelle de notre école au Sénégal ont été
peints par un artiste musulman qui tomba malade et mourut de la
malaria pendant qu’il les faisait. Nous pouvons beaucoup donner et
recevoir en collaborant avec les laïcs et les non-chrétiens.
Qu’attendez-vous du second Synode de l’Afrique en 2009
Comme tous les chrétiens, en Afrique,
j’attends beaucoup du second synode de l’Eglise, sur sa mission sur
notre continent. Mes attentes sont grandes . Je souhaite que
l’Eglise réfléchisse et approfondisse son engagement et son action
sur notre continent dévasté par la violence et la pauvreté. Ce sera
une occasion, après l’Eglise en Afrique , d’approfondir le
lien entre évangélisation, justice, paix et réconciliation. Les
générations précédentes de chrétiens en Afrique ont, me semble-t-il,
beaucoup travaillé au niveau de la liturgie et de la culture. Je
veux espérer que le temps est venu d’avoir, pour le salut de
l’Evangile, une parole sur les mécanismes sociaux et politiques qui
causent tant de difficultés et dégâts à l’Afrique. Et que le temps
est venu aussi de collaborer avec d’autres partenaires pour le
développement et les processus de paix. Ce sera une occasion de
retrouver la force du message de la Révélation et les enseignements
importants de Paul VI et de Jean Paul II. L’Eglise, en Afrique, fera
face à ses responsabilités vis-à-vis des communautés qu’elle veut
rassembler et éduquer au-delà des antagonismes et des conflits. Elle
donnera ainsi plus de poids à son message.