Société de Marie
Pères et frères maristes

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Mise à jour 15.02.08

 A propos
 Mission / BULLETIN MISSION MARISTE

 

La mission de la Société est de continuer la mission de Jésus, celle de proclamer le royaume de Dieu.  Elle s’efforce de le faire à la manière de Marie, en apportant "une conscience différente à l’Église."  Il s’agit d’une approche particulièrement profonde, riche et distinctive. «Nous avons pour mission d'apporter dans l'Église une mentalité autre, une mentalité mariale.  Nous y parviendrons en partie par notre manière d'entrer en contact avec l'autre, où que nous travaillions.  Conscients que l'homme et la femme modernes répugnent à tout ce qui ressemble au faux ou à la manipulation, nous approchons chacun avec beaucoup de sincérité, d'intégrité, de pureté d'intention.  Nous respectons leur désir de liberté et d'égalité et rejetons toute forme d'élitisme, de triomphalisme ou de paternalisme.  A l'exemple de Marie, nous nous efforçons de percevoir l'action du Seigneur dans las vie de l'autre, nous savons reconnaître son oeuvre, la chanter, la favoriser.»

Jago, John, Regina Societatis Mariae, 8 décembre, 1989, p.21

 

 
 
 


BULLETIN MISSION MARISTE

29 février 2008                                                                                       No 5
 

 

“ Le ministère du service fraternel en communauté est un apostolat de première importance. La communauté mariste est un lieu de partage. La vie commune tire sa croissance de l’étude des Ecritures et de la participation au mystère de l’eucharistie. Par sa vie fraternelle, la communauté mariste est un lieu de renouveau et de conversion permanente. Elle fournit ainsi un signe de ce que l’Eglise est appelée à être dans le monde..” Constitutions n° 127.

Bulletin Mission Mariste
Ce bulletin a été créé pour une mise en commun des idées, un partage des ressources, la communication dans le domaine de notre Mission Mariste. Un grand merci pour toutes les nouvelles que vous nous communiquez. Ce numéro s’intéresse à la 2ème ligne politique, ministères sociaux, du 3ème cercle intitulé Mission de la lettre circulaire du père Jan Hulshof  : Avec une confiance plus vive.

Nouvelles

En décembre 2007, les quatre supérieurs généraux maristes nous ont envoyé une lettre conjointe intitulée  : Vie et Mission maristes, dons de l’Esprit pour notre temps. C’est une invitation à réfléchir à notre mission commune  : Au moment où nous, membres des quatre branches maristes, nous préparons nos Chapitres, il est bon de favoriser un sincère esprit de collaboration réciproque qui nourrit la vie permanent e et la mission de toute la famille mariste. Nous encourageons les membres de chacune de nos congrégations à entrer dans une réflexion sérieuse avec les autres membres de la famille mariste et à lire ensemble les signes des temps. Pouvons-nous écouter les cris de notre monde et répondre ensemble avec un esprit ouvert et une générosité d’esprit  ?

Tandis que nous travaillons unis pour construire un autre siècle de vie et de mission mariste, nous sommes en train de créer de fort liens avec les personnes laïques qui, inspirées par le charisme mariste, brûlent du désir de partager notre spiritualité commune et notre mission. Avec eux, nous luttons pour donner naissance à l’Eglise mariale. Et nous demandons au Seigneur de nous accorder la même générosité de cœur qu’il a donnée à Jean Claude Colin, à Jeanne Marie Chavoin, à Marcellin Champagnat et à Françoise Perroton et aux autres pionnières..” Si vous n’avez pas lu ou reçu cette lettre, contactez  :  www.maristsinternational.org

Nouveau noviciat international en langue anglaise : L’administration générale a annoncé l’organisation d’un nouveau noviciat international de langue anglaise. Il ouvrira ses portes le 1er avril 2009 à Davao, aux Philippines. Cette décision aura des conséquences au niveau de la mission et ne sera pas simplement la réponse adéquate au défi de novices du Premier Monde vivant dans une région développée.

Dix évêques d’Océanie (y compris Mgr Adrain Smith et Mgr Michel Calvet) se sont retrouvés à Rome, au Vatican, du 11 au 17 février pour une session, suite du Synode de l’Océanie de 1998. Dans le contexte de leur visite, ils voulaient approfondir certains aperçus du substantiel document qu’était ‘Eglise en Océanie’ et sa partie importante sur la mission. Le Pape Jean Paul II disait  : « Le synode n’a plus aucun doute sur le fait que l’Eglise, la communion des croyants est à présent une réalité vivante parmi de nombreux peuples de l’Océanie ». Le document soulignait que les églises d’Océanie avaient atteint l’âge de la maturité. « Les églises locales, fondées par les missionnaires en sont au point d’envoyer des missionnaires et cela est un signe indiscutable de maturité ».

Le Père John Hannan, premier provincial d’Europe: Une de ses plus importantes responsabilités sera de recentrer l’attention et les activités de ses confrères européens sur les défis missionnaires majeurs de l’Europe d’aujourd’hui. Des orientations importantes pour la nouvelle province se trouvent déjà dans la ‘Déclaration pour la Mission Mariste en Europe’ avec ses trois annexes  : situation actuelle en Europe, notre réponse mariste, suggestions pratiques.

Le Centre de réfugiés Notre Dame de notre paroisse Notre Dame de France à Londres (Angleterre) nous a fait parvenir le point, à ce jour, de leurs activités. Le centre reçoit environ 65 personnes par jour d’ouverture avec une moyenne de six nouveaux réfugiés. Ce sont surtout des réfugiés originaires de l’Afrique sub-saharienne et dont le français est la 1ère ou 2ème langue parlée. Le Centre leur donne, avec des professionnels, des conseils mis à jour et adaptés à chacun dans les domaines de la santé, de l’aide sociale, du logement et il s’efforce de fournir à tous ceux qui viennent un accueil et un environnement chaleureux.

Les deux provinces des USA continuent, au cours de leurs rencontres, de discuter de leur prochaine fusion, ce qui devrait arriver en juillet prochain. Comme en Europe, la reconfiguration doit les aider à mettre davantage l’accent sur la vie et la mission mariste.

Paroisse St. Patrick à, Sydney.  Elle a mis à jour son site web  : www.stpatschurchhill.org. Dans la tradition des lieux de pèlerinage de la Société de Marie, la paroisse offre de multiples occasions de vivre les sacrements de l’Eucharistie et de la Réconciliation (10 heures le dimanche et 8 heures les jours de semaine). L’équipe pastorale présente aussi un très bon programme d’accueil pour jeunes adultes, une population souvent oublié dans nos paroisses.

Documentation

1. La Croix a publié un très intéressant dossier sur l’avenir du Christianisme dans le  monde de l’Ouest.: ‘Quel avenir pour le christianisme?’ (Bayard Presse 2008) 114 pages, et dont l’éditorial porte le titre: ‘l’Evangile a de l’avenir.'

2. Mirada Global (Jésuites d’Amérique Latine) : Articles en anglais et en espagnol sur l’Eglise et sur les évènements en Amérique Latin.. www.miradaglobal.com

3.Qu’est H20news?  : Un nouveau service catholique (basé à Rome) de nouvelles pour le monde entier. Chaque jour, en 8 langues, il donne des nouvelles en format audio/vidéo/texte sur la vie de l’Eglise: . www.h2onews.org

4. Message du Pape pour la Journée Mondiale de la Paix : (www.vatican.com) (message en 9 langues). Cette année marque le 40ème anniversaire de la célébration de la première Journée Mondiale de la Paix 1968. Le pape Benoît XVI écrit : «  Fruit d’une intuition providentielle du Pape Paul VI, poursuivie avec une grande conviction par mon vénéré prédécesseur le Pape Jean Paul II, la célébration de cette Journée a permis à l’Eglise, au fil des années, de développer, à travers les Messages publiés à cette occasion, une doctrine lumineuse en faveur de ce bien humain fondamental. A la lumière de ces célébrations significatives, j’invite tous les hommes et toutes les femmes à prendre une conscience plus Claire de leur appartenance commune à l’unique famille humaine et à s’employer pour que la convivialité sur la terre soit toujours davantage le reflet de cette conviction, dont dépend l’instauration d’une paix véritable et durable  J’invite aussi les croyants à implorer Dieu inlassablement pour qu’il accorde le grand don de la paix ».

5. Climate Change: The Challenge to All of Us (Le changement climatique: un défi pour tous) par Sean McDonagh (Dublin: Colomba Press, 2006) 200 pages, prix €12. Un beau livre de référence sur le sujet. Le dernier chapitre traite des réponses actuelles des Eglises sur ce sujet.

 

AVEC UNE CONFIANCE PLUS VIVE :

5.5.2        EDUCATION ET MINISTERES SOCIAUX

 Redoubler d’effort sur le terrain de l’éducation et des ministères sociaux”

Nous avons eu grand plaisir à interviewer (voir plus bas) le père Damien Diouf sm, le nouveau supérieur du District d’Afrique. Il est le premier ordonné sénégalais dans la Société de Marie, et le premier Supérieur Majeur africain.

En octobre 2007, à leur demande, j’ai eu la joie de prêcher la retraite annuelle de nos maristes des Philippines.  Après quoi, je suis allé, avec le P. Aliki Langi (de Tonga) de Davao à Cotabato city,le centre du gouvernement pour les musulmans dans la grande île du sud, Mindanao. Nous avons ensuite continué vers la station de mission dans les montagnes de Timanaan, où le père est le curé des populations indigènes catholiques (et aussi musulmanes d’une certaine façon). Mgr Orlando Quevedo omi  (secrétaire de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie) aime beaucoup les Maristes. Lors de la cérémonie de leur installation comme responsable d’une paroisse Oblate, il disait que les Maristes étaient proches des gens. C’est un défi d’y être fidèle  ! C’est là que j’ai vu de près les différents programmes que les PP Aliki et Fernando Ingente (Philippin) avec les responsables laïcs mettent en place parmi les peuplades indigènes et les musulmans. Le diocèse gère ces programmes et les Maristes les exécutent. Ils donnent un buffle à un groupe de familles et lorsqu’il a un petit, les familles doivent le donner à un village voisin, et ainsi de suite (On leur donne aussi des chèvres et des cochons et on leur demande de faire pareil). L’évêque n’intervient que lorsqu’au lieu de donner le petit buffle à un village voisin, les gens le mangent  ! Les PP Aliki et Fernando avec leurs laïcs, donnent ainsi beaucoup d’espoir à quelques uns des plus pauvres dans le monde et ils le font avec beaucoup d’amour.

En novembre 2007, toute l’administration générale a participé à des rencontres internationales à Sydney en Australie (Sydney avec son port est une des plus belles villes au monde). Cela m’a donné l’occasion de découvrir quelques uns des ministères, difficiles mais stimulants, des maristes en Australie. Une équipe de trois maristes vivent et travaillent avec les peuples aborigènes  : les pères Bernie Ryan et Paul Sullivan ainsi que le frère Micka Cilicewa. J’ai aussi passé une matinée entière avec Jim Carty qui travaille dans une Maison d’Accueil  pour aider les familles de nouveaux émigrants à trouver en Australie, demeure et travail. Nous avons aussi eu une concélébration dans un centre de détention, avec une cinquantaine de prisonniers, en majorité de jeunes chinois. Mon voyage m’a aussi conduit en Nouvelle Zélande où j’ai eu la possibilité de découvrir certains des ministères pleins de défis de notre province de Nouvelle Zélande, en particulier auprès des Maoris (peuple indigène) et auprès de la jeunesse.

 

Interview: Damien Diouf sm

1. Dites-nous l’arrière plan de votre nouvelle responsabilité comme supérieur majeur. Qu’est-ce qui en ressort ?

Depuis plus d’un an, maintenant, je suis supérieur du District d’Afrique des Pères Maristes. Je vis au Cameroun où sont situées la majeure partie de nos communautés. Nous sommes actuellement peu nombreux sur le continent africain mais notre mission est stimulante. Mon ministère est un ministère de rencontres et d’écoute, de visites, d’information et de partage des nouvelles avec les confrères, les communautés et les laïcs qui sont nos partenaires dans la vie de l’Eglise où nous vivons. Le grand défi dans tout cela est, dans les différents lieux, partager sur la vie mariste et les ministères, donner des orientations qui prépareront des décisions pour l’avenir.

2. Qu’aimez-vous bien dans votre district  ?

Je suis très heureux de l’esprit de bonne volonté que je trouve chez mes confrères et les laïcs ainsi que de l’aide qu’ils m’apportent dans mon travail. Je me dois de les encourager tous à poursuivre l’œuvre que nous ont laissé nos prédécesseurs maristes. L’Eglise, en Afrique, doit relever le défi de la mission de réconciliation et de développement dans un contexte de violence et de pauvreté. J’aime bien la joyeuse atmosphère qui règne dans nos communautés en dépit des risques et des obstacles sérieux rencontrés sur le terrain  ; j’aime l’ouverture d’esprit de mes confrères et leur disponibilité dans la collaboration. Je suis aussi très heureux des plans importants que nous avons dans les domaines de l’éducation et des vocations.

3. Quels sont vos espoirs pour le district ?

Mon espérance pour le district est basée sur la qualité de vie et des relations dans nos communautés ‘source de communion et de fraternité’. Nous avons eu, dans le district, une crise sérieuse au niveau de la formation et de la vie communautaire. Après réflexion, nos supérieurs nous ont demandé de ne plus accepter de candidats et de travailler un certain nombre de questions avant d’en recevoir de nouveaux. Cela a eu un impact important pour notre avenir. Je me réjouis des efforts importants qui ont été faits et du chemin parcouru qui nous permettent de réfléchir à l’accueil de jeunes qui souhaiteraient partager notre vie mariste. En même temps, nous poussons nos communautés à avoir une bonne qualité de vie mariste à partager avec de nouveaux membres intéressés par notre charisme et notre mission. L’Eglise grandit en Afrique et j’espère qu’il en sera de même pour la Société de Marie, non seulement en nombre mais aussi en qualité et en fidélité à Dieu.

4. Dans le district, quels sont les plus grands défis que vous rencontrez comme supérieur majeur ?

Notre jeune âge et notre petit nombre en est un. C’est une source de dynamisme et de force, de bonne volonté et d’engagement profond mais il y a aussi le manque d’expérience. La vie consacrée est comme une vie de famille, une vie universitaire, spirituelle ou biologique. Chacun donne et reçoit, il y a les conseils et les exemples des confrères plus âgés, il y a les interactions entre générations et entre membres de même génération. Ainsi chacun garde contact avec la vie et le témoignage se transmet et se partage par delà le temps. En regard de cela, trouver les formateurs qu’il faut et des candidats prêts, désireux et capables de s’ajuster à la réalité de la diversité de la vie mariste aujourd’hui pour un avenir de la Société en Afrique est mon principal challenge. Par-dessus tout, le climat de violence, la pauvreté et l’illettrisme sont de vrais défis pour nous maristes. Il y a peu, les statistiques indiquaient que 31% des enfants africains allaient à l’école, et ici nous sommes les fils de Colin et de Champagnat. C’est un appel très fort pour moi et mes confrères.

  1. Avez-vous l’expérience d’un soutien de la part du laïcat ? Où et comment ?

Oui vraiment, je l’ai. En particulier dans les domaines de l’éducation, du management ou d’autres champs d’activités de la mission mariste, des laïcs compétents, d’Afrique ou d’ailleurs, nous aident. Je suis aussi conscient du fait que nos fondateurs rêvaient d’une Société comprenant des chrétiens de toutes conditions. Si nous n’aidions pas à permettre le développement d’un laïcat mariste, nous serions, me semble-t-il, infidèles à leurs intuitions. Nous devons proposer notre foi et notre vocation mariste, l’esprit de Marie, à tous ceux avec qui nous vivons et travaillons. Je sais que ce soutien des laïcs a une certaine saveur au Sénégal où nous travaillons avec des musulmans qui ont vécu et travaillé avec les maristes ces dernières années et qui demandent à travailler dans la ligne de notre tradition spirituelle. Je me souviens que les grands tableaux de la chapelle de notre école au Sénégal ont été peints par un artiste musulman qui tomba malade et mourut de la malaria pendant qu’il les faisait. Nous pouvons beaucoup donner et recevoir en collaborant avec les laïcs et les non-chrétiens.

  1. Qu’attendez-vous du second Synode de l’Afrique en 2009

Comme tous les chrétiens, en Afrique, j’attends beaucoup du second synode de l’Eglise, sur sa mission sur notre continent. Mes attentes sont grandes . Je souhaite que l’Eglise réfléchisse et approfondisse son engagement et son action sur notre continent dévasté par la violence et la pauvreté. Ce sera une occasion, après l’Eglise en Afrique , d’approfondir le lien entre évangélisation, justice, paix et réconciliation. Les générations précédentes de chrétiens en Afrique ont, me semble-t-il, beaucoup travaillé au niveau de la liturgie et de la culture. Je veux espérer que le temps est venu d’avoir, pour le salut de l’Evangile, une parole sur les mécanismes sociaux et politiques qui causent tant de difficultés et dégâts à l’Afrique. Et que le temps est venu aussi de collaborer avec d’autres partenaires pour le développement et les processus de paix. Ce sera une occasion de retrouver la force du message de la Révélation et les enseignements importants de Paul VI et de Jean Paul II. L’Eglise, en Afrique, fera face à ses responsabilités vis-à-vis des communautés qu’elle veut rassembler et éduquer au-delà des antagonismes et des conflits. Elle donnera ainsi plus de poids à son message.

Père Damien Diouf sm